Lors du sommet parisien consacré à l'intelligence artificielle, Emmanuel Macron a annoncé une accélération de la mise en place des infrastructures nécessaires pour faire de la France un leader dans le domaine. Fort des annonces d'investissements massifs, le président français a comparé cette ambition à la reconstruction de Notre-Dame, soulignant la nécessité d’un calendrier clair et rapide.
Une Stratégie Inspirée de la Reconstruction de Notre-Dame
"Nous avons montré au reste du monde qu'avec un calendrier clair, nous pouvons y arriver", a déclaré Emmanuel Macron en référence à la reconstruction de la cathédrale en cinq ans. Il entend appliquer cette même dynamique à l'IA en France, avec des procédures accélérées, notamment pour l’installation de centres de données indispensables au fonctionnement des modèles d’intelligence artificielle.
"Plug, Baby, Plug" : L'Énergie Française au Service de l'IA
En matière d’alimentation énergétique, Macron a mis en avant l’atout français du nucléaire pour fournir une énergie bas carbone aux gigantesques centres de données nécessaires à l’IA. Faisant un clin d'œil au slogan "Drill, baby, drill" popularisé aux États-Unis pour l’exploitation pétrolière, il a lancé un nouveau mot d’ordre : "Plug, baby, plug", soulignant l’importance de connecter et de développer ces infrastructures.
Une Europe qui Veut Peser Face aux Géants Américains et Chinois
Le sommet a également été l’occasion d’un appel à un "sursaut européen" pour contrer la domination des géants américains et chinois de la tech. Aux côtés d’Emmanuel Macron, plusieurs dirigeants européens, dont le chancelier allemand Olaf Scholz, ont plaidé pour "moins de bureaucratie" afin de favoriser l'émergence de champions européens de l'IA, tout en insistant sur la nécessité d’un cadre réglementaire face aux risques de cette technologie.
Des Investissements Massifs : 109 Milliards d’Euros pour l’IA en France
La France mise sur un plan d’investissement de 109 milliards d’euros dans l’IA, un montant jugé équivalent au programme américain "Stargate" en proportion du poids économique des deux pays. Parmi les investissements annoncés :
50 milliards d’euros des Émirats arabes unis pour un centre de données géant,
20 milliards d’euros du fonds canadien Brookfield Asset Management,
10 milliards d’euros de la société britannique Fluidstack pour un supercalculateur dédié à l’IA.
Entre Enthousiasme et Contestation
Si ces annonces suscitent un engouement certain, elles rencontrent également des résistances. Max Tegmark, du Future of Life Institute, a mis en garde contre les dangers de l'IA et appelé à ne pas signer la déclaration finale du sommet. Par ailleurs, une vingtaine de militants anti-tech ont organisé un "contre-sommet" pour dénoncer les impacts de l’IA sur l’emploi, la création et l’éducation.
Une Mobilisation Internationale pour l’IA
Le sommet, qui se poursuit au Grand Palais, accueille chefs d’État et grands patrons, dont le Premier ministre indien Narendra Modi et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Emmanuel Macron clôturera l’événement en se rendant à Station F pour un "business day" dédié aux start-ups de la tech européenne et internationale.
Avec une volonté affichée de faire de la France un leader de l’IA, ce sommet marque une étape décisive dans la course mondiale à l’intelligence artificielle. Reste à voir si la "stratégie Notre-Dame" saura tenir ses promesses.